Anthony « Yno » Combrexelle

POURQUOI CET AUTEUR ?

J’ai découvert l’auteur avec son premier roman « Presque minuit » que j’avais adoré. Cet année, j’ai rattrapé mon retard et lu ses deux autres romans «  Avant le crépuscule » et mon coup de cœur « Ordo ». J’ai voulu savoir ce que cet auteur nous réserver pour 2021 et 2022.

Pourriez-vous vous présenter en quelques mots pour les lecteurs qui ne vous connaîtraient pas encore s’il vous plaît ?

Je m’appelle Anthony Combrexelle, aussi « connu » sous le pseudo de Yno dans le petit monde du jeu de rôle français. Je suis graphiste le jour et auteur la nuit. Depuis une vingtaine d’années, j’écris des jeux et des scénarios de jeux de rôle et depuis quelques années, j’écris aussi des nouvelles et des romans. Je suis l’auteur de Presque Minuit, Au Crépuscule et Ordo, tous les trois parus aux éditions 404. 

Pourriez-vous nous parler de votre dernier roman “Ordo” sorti aux éditions 404 ? J’ai cru comprendre que vous l’avez écrit en 5 mois ? J’ai vraiment eu un coup de cœur pour ce roman, les personnages, le monde, le concept de la magie. Comment l’idée vous est-elle venue ?

Effectivement je l’ai écrit de la fin novembre 2019 à avril 2020. J’avais envie d’écrire quelque chose de différent du décor (Paris) et de la période (1890) de mes deux précédents romans et j’ai donc proposé à mon éditeur d’aller à New-York de nos jours. Comme je fonctionne par pitch (je soumets une idée, un concept, une sorte de « quatrième de couverture » et lorsque c’est validé, j’écris le roman), j’ai proposé l’histoire de 5 familles mafieuses (New-York…) sauf qu’au lieu de trafic de toutes sortes, elles seraient spécialisées dans une magie noire infernale. Partant de là, j’ai développé tout le reste en tirant la pelote de laine des idées.

Vous avez partagé sur votre site internet (www.misterfrankenstein.com ) des aides de jeu pour pouvoir faire un jeu de rôle dans la monde d’Ordo. À part, “Mage : l’Ascension”, le concept de magie dans un monde proche du nôtre est peu exploité. Quelque chose de plus concret est-il prévu ? Allez-vous développer le concept ?

J’aimerai bien, mais pour le moment je m’y refuse. À l’heure actuelle, je ne sais pas s’il y aura une suite à Ordo. J’ai toujours des idées de suites pour tous mes romans mais c’est à l’éditeur que revient cette décision. Or, s’il y avait une suite à Ordo, comme pour le premier tome, l’univers de l’organisation, des 5 familles et de leurs concurrentes, serait encore fortement chamboulé. Entre le début du roman et sa fin, les cartes sont déjà fortement redistribuées (sans mauvais jeu de mots). S’il y a une suite, ce serait encore une fois le cas. Donc si je devais écrire et formaliser un jeu de rôle, je veux que ce soit avec une situation « figée » afin que chaque table de jeu puisse développer l’univers à sa sauce en partant du final… et pour ça, il ne faut pas qu’il y ait de suites qui puissent casser le contexte. Affaire à suivre donc.

Vous n’êtes pas un novice en écriture car vous écrivez beaucoup de scénarios pour les jeux de rôles. Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire un roman ? 

L’envie de changer. Des dizaines de jeux, une centaine de scénarios de jeux de rôle, c’est cool, mais au bout d’un moment, ça devient répétitif. Le roman, c’est l’occasion de varier les plaisirs, de raconter une histoire autrement, avec des personnages qu’on contrôle entièrement. 

On ressent une réelle influence du jeu de rôles dans vos textes dans le développement de vos univers et de vos personnages. Comme pour “Ordo”, on pourrait très bien imaginer un jeu de rôles dans le monde de “Presque Minuit” et “Au Crépuscule”. Votre travail dans le milieu du jeu de rôles influence-t-il votre approche dans l’écriture de vos romans ? notamment lors de la conception ?

Oui, forcément, y’a des habitudes, des façons d’écrire. Et le jeu de rôle aide à concevoir un univers cohérent, qui tient debout même sans être montré dans le roman. Il y aussi que j’aime bien penser mes romans comme des intrigues autonomes, indépendantes, mais permettant d’écrire des suites. Et donc potentiellement, de poser le contexte à plat pour « jouer dedans » comme un bac à sable imaginaire.

Où écrivez-vous ? Avez-vous une routine ? Entre votre travail d’illustrateur, de scénariste, de game designer , comment vous organisez-vous ?

Ma routine, c’est mon emploi de graphiste. C’est ce qui occupe mon quotidien. Sur mon temps libre, j’essaie d’écrire au mieux. Je prends des notes partout, tout le temps, sur tous les sujets, genres et idées. Et dès que je peux, je range les idées au mieux dans des fichiers dédiés à des sujets jusqu’au moment où j’ai suffisamment d’idées pour écrire. Jeu de rôle ou roman. Je travaille mes écrits durant la soirée et/ou le week-end. Et ce, le plus souvent possible (tous les jours ou presque) même si c’est pour 10 ou 20 minutes, et ce autant que possible afin d’être le plus efficace : se remettre dans le bain d’une histoire ou d’un projet me prend du temps… sauf si j’ai la tête dans le projet au quotidien.

J’ai noté dans vos romans de nombreux clins d’œil à des films ou à la pop culture. Je me suis beaucoup amusé à trouver les références. Le cinéma est-il une passion pour vous ? J’ai lu quelque part (sur votre compte Instagram je crois) que vous vous inspiriez de pitch de films refusés pour vous donner des idées de romans. Le cinéma vous influence-t-il plus que la littérature dans vos écrits ? 

J’adore le cinéma, les séries, les comics, les mangas, toutes les histoires feuilletonnantes de manière générale. Oui, tous ces mediums m’inspirent plus que les romans. Tant mieux d’ailleurs car si un roman m’inspirait beaucoup, je pense que je serais tenté de le copier sans parvenir à prendre du recul dessus. À l’inverse, s’inspirer d’autres formes de narration, d’autres mediums, permet de filtrer les idées, de les recomposer inconsciemment ou non et, je crois, d’apporter un peu de fraîcheur à ce qu’on propose.

Vous publiez sur Instagram vos avis sur vos lectures principalement mangas et comics. Comment avez-vous découvert ces 2 médiums ?

J’en lis depuis que je suis enfant, et j’ai dû découvrir ces deux formes de BD dans les kiosques à journaux (Akira et Dragon Ball d’un côté, les X-men et Spider-man de l’autre) quand j’avais une dizaine d’années.

 Quel lecteur êtes-vous ? Que lisiez-vous quand vous étiez enfant et adolescent ?

Quand j’avais 10-14 ans, je lisais essentiellement du fantastique, entre Lovecraft et Stephen King. Vers mes 16-18, j’ai basculé vers les écrits de Clive Barker et Neil Gaiman et je peux dire qu’ils restent mes principales influences encore aujourd’hui. Je lisais, mais moins que depuis que je suis adulte, paradoxalement. Le genre Young Adult n’existait pas encore et j’imagine que ça m’aurait bien plus tenté si ça avait été le cas. De même, je n’appréciais pas la fantasy alors que maintenant, je n’ai aucun problème avec.

Quel est votre livre préféré ? Pourquoi celui-là ?

Je pense qu’il s’agit de « Imagica » de Clive Barker (ou « Neverwhere » de Neil Gaiman), du fantastique baroque, à la frontière de l’urban fantasy. Des œuvres riches, denses, au déroulé imprédictible, ambivalent, et très imaginatif. Ça a été une sacrée claque à l’époque. Peut-être que ça a mal vieilli mais Barker et Gaiman restent des influences notables dans mon imaginaire.

Avez-vous encore le temps de lire ? Qu’est-ce que vous lisez en ce moment ?

Je lis moins. Mais plutôt parce que « la période » fait que j’ai moins l’occasion. Je lis principalement dans les transports en commun, matin et soir, et depuis une bonne année, pour une raison indépendante de ma volonté (rires), j’ai moins l’occasion de les prendre. De même quand j’écris du roman, quand je suis dans l’écriture pure et dure, j’ai plus de mal à lire des romans sans avoir l’impression d’aspirer/plagier ce que je lis. En ce moment, je lis un petit roman méconnu, Frankenstein de Mary Shelley. Parait que c’est sorti il y a quelques temps, mais pour la culture, je m’y suis mis !

Quels sont vos projets à venir ?

J’ai un gros scénario de jeu de rôle de science-fiction sur le feu (Paradis Perdu) et, surtout, mon éditeur m’a demandé de leur proposer des pitchs pour un nouveau roman (qui ne soit ni la suite de Presque Minuit/Au Crépuscule ni la suite d’Ordo). Je l’ai donc fait et nous sommes donc en train de discuter de mes propositions, de celle que je devrais développer pour écrire un nouveau roman !

Merci à vous pour le temps consacré à cet entretien. Je vous laisse le mot de la fin.

Merci de m’avoir accordé de votre temps de lecture, et j’espère que votre curiosité sera piquée pour tester, si ce n’est pas déjà fait, Presque Minuit, Au Crépuscule et Ordo !

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