Le costume du mort

Quatre doigts décharnés glissèrent hors de la boîte. Encore un coup et le couvercle se détacha. Craddock émergea de la boîte comme d’un trou en forme de cœur qu’on aurait creusé dans le sol. Le couvercle demeura sur son crâne, tel un chapeau de cotillon. Il le rejeta, puis se hissa hors de la boîte jusqu’à la taille d’un seul élan, avec une forme étonnante pour un vieillard, mort qui plus est. Puis posant un genou à terre, il s’extirpa en entier de la boîte et se leva. Les plis de son pantalon étaient impeccables.

AUTEUR : Joe HILL

GENRE : Fantastique / Horreur

4eme DE COUVERTURE :

On ne collectionne pas sans péril des reliques toutes plus étranges les unes que les autres. C’est ce que va apprendre Jude en achetant le dernier costume d’un mort. Soudain, au pied de son lit, derrière une porte, à ses côtés en voiture, grimaçant et assoiffé de vengeance, apparaît l’ancien propriétaire de l’habit. Quelle histoire terrible de son passé cherche-t-il à lui faire payer ? Aux frontières de la folie, une fuite éperdue commence, enchaînant des moments de pure terreur et d’intenses frissons pour le lecteur.

POURQUOI CE LIVRE ?

Grande fan de Stephen King, j’étais curieuse de découvrir l’univers de son fils et l’influence que son père a pu y avoir.

MON AVIS

Jude, rockeur à la retraite, collectionne les objets bizarres. Quand son assistant tombe sur la mise aux enchères d’un fantôme, Jude ne se pose pas de question et saute sur l’occasion. L’arrivée du dernier costume du mort auquel son fantôme est « attaché » va changer sa vie à jamais.

Comment parler du fils sans évoquer le père ? On sent nettement l’influence de Stephen King dans le récit de Joe Hill. Le style, cette manière de prendre en photo l’Amérique et ses habitants, cette tendance à la digression. Cependant, il s’en détache pas bien des aspects également. Joe Hill nous plonge rapidement dans l’action et les événements étranges arrivent rapidement. Nous faisons connaissance avec les personnages à travers les épreuves qu’ils vont traverser et cela les rend encore plus humains.

Pourtant, on peut pas dire que Jude soit un enfant de cœur. Ancien rockeur, il collectionne les petites amies, jeunes de préférence et les jeter tels des kleenex usagés. Au travers de Jude, on sent l’influence du rock américain. J’ai parfaitement imaginé Jude en un mélange d’Alice Cooper et Ozzy Osbourne.

Les personnages sont peu nombreux mais se suffisent à eux-mêmes. Le fantôme Craddock est dérangeant et certains scènes où il apparaît sont angoissantes. Joe Hill maîtrise parfaitement la noirceur de son récit, les mots pour dépeindre l’horreur que provoque Craddock tombent justes à chaque fois. Je vous laisse en juger en relisant la citation en haut de cette chronique. L’auteur n’est pas avare de détails et certains passages sont assez crus, dérangeants.

Bien que l’intrigue est assez basique, elle est bien construite et l’auteur retranscrit parfaitement l’épée de Damoclès qui se lance au dessus de la tête de Jude. L’auteur arrive à nous embarquer par son traitement original de ce qui aurait pu être qu’un banal histoire de fantômes. Le récit n’est qu’un prétexte pour forcer ces personnages à remettre en question leurs vies et leurs actions et à se demander ce qu’ils veulent vraiment. Ce fantôme va forcer Jude à explorer son passé, regarder dans les yeux ces « pêchés » et faire pénitence.

Au fil des pages, le parcours de Jude pour se libérer de ce fantôme a tout d’une démarche de rédemption. Si j’ai beaucoup aimé les scènes d’horreur et malaisantes, certaines digressions notamment lors des questionnements de Jude sur son passé m’ont paru longues, cassant un peu le rythme effréné que l’auteur a su retranscrit pour nous faire sentir que cette histoire était une course contre la montre.

EN BREF

Malgré quelques passages qui auraient pu être allégés, l’auteur nous montre sa parfaite maîtrise de l’angoisse, de l’horreur et du glauque. Bien que l’on ressente l’influence de Stephen King, Joe Hill dans son premier roman lui rend un bel hommage sans jamais le singer. Bien que le récit soit prévisible par moment, l’auteur nous offre de pleins surprises et ne nous montre qu’une partie de son potentiel.

Vous pouvez le retrouver ici : Leslibraires ; Eyrolles ; Cultura ; Bookeenstore

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