Rozenn Illiano (2021)

POURQUOI CET AUTEUR ?

Par les hasards de Twitter, les tweets de Rozenn sont apparus dans mon fil d’actualité. Les photos de ces bijoux m’ont tout de suite plu et je suis allée faire un tour sur son site. J’ai là découvert son univers très riche et j’ai eu envie de découvrir ses écrits. Son concept d’histoires qu’elle appelle “Le grand Projet” m’a paru très intéressant et je m’y suis plongée avec « Fêlures », « Notre-Dame de la Mer », « 18.01.16« , « Elisabeta » et « Erèbe ». J’y ai découvert une artiste complète avec une grande sensibilité. Rozenn avait déjà accepté de répondre à mes questions l’année dernière et a accepté de se prêter de nouveau à l’exercice pour la sortie en numérique de « Erèbe ».

Pour ceux qui sont curieux, je vous invite à consulter son site www.onirography.com.

Bonjour Rozenn, c’est un vrai plaisir de te retrouver près d’un an après ton premier entretien sur le blog. Tu sortais il y a un an « Érèbe » en version papier et il ressort au début du mois de décembre en version numérique. Pourquoi un an d’écart entre ses deux sorties ?

Bonjour, c’est un plaisir de te retrouver également 🙂 Je ne m’étais pas rendu compte que ça faisait un an, le temps passe si vite ! En effet, « Érèbe » ressort en numérique en cette fin d’année. Et ce n’était pas prévu ! Mes livres n’existent pas en édition numérique ; c’était un choix pendant longtemps mais j’ai finalement changé d’avis et ai décidé de ressortir la plupart de mes livres en numérique. Mon objectif est simple : je veux gagner ma vie avec mes livres. Et jusqu’ici, je ne m’y prenais pas comme il faut. Autant tout reprendre à zéro, et pour ça, j’ai choisi « Érèbe » afin d’ouvrir le bal.

J’ai adoré me plonger dans l’histoire de Lisbeth et Elliot et dans les secrets de famille des Valentine et des St.John. Comment t’es venue l’idée de ces deux familles de marcheurs de rêves ?

J’adore les histoires avec des secrets de famille, des squelettes dans les placards, des maisons anciennes où l’on trouve des trésors cachés ou des lettres révélant des vérités explosives. Imaginer ces deux familles était donc l’occasion de m’amuser. Quant aux marcheurs de rêves, des ‘magiciens’ qui manipulent la magie du rêve, ils apparaissaient déjà dans mes histoires, et là aussi c’était une occasion en or de développer cet aspect, qui a pris une très très grande ampleur après ça. Ces deux familles ont beaucoup plus d’importance qu’on le croit !

 Tu nous présente un large panel de personnages dans ce roman. J’ai beaucoup aimé l’histoire de Victoria. La retrouve-t-on dans d’autres de tes romans ?

J’aime beaucoup Victoria également et je regrette souvent de ne pas lui avoir donné plus d’espace dans le roman. Mais j’avais une règle en réécrivant « Érèbe » : je ne devais pas tout raconter. L’histoire se concentre sur Lisbeth et Elliot, et le passé devait être à peine évoqué, juste assez pour comprendre ce qui se passe dans le présent. Pour autant, on reverra Victoria plus tard, parce que la dame est importante pour la suite elle aussi 🙂

 Je te suis sur les réseaux sociaux et tu y parles largement des problèmes que peuvent rencontrer les auteurs dans le monde de l’édition en France. J’ai le sentiment qu’être auteur n’est pas une sinécure ? J’ai eu pourtant l’impression que les choses commençaient à bouger, non ?

Il faut savoir que les auteurs et les créateurs dans leur grande majorité sont toujours plus précarisés. Les auteurs n’ont pas de véritable statut, ils galèrent pour réclamer leurs droits auprès des administrations et n’ont même pas le droit à des élections professionnelles pour se représenter eux-mêmes ; en parallèle, les maisons d’édition imposent leurs contrats et ne laissent que très peu de marge de négociation pour les auteurs. Au fil des années, les rémunérations ont baissé et les conditions d’exploitation n’évoluent pas pour le meilleur, ce qui veut dire qu’à l’arrivée, vivre de ses livres est quasiment impossible. Mais les choses bougent, bien sûr, car de nombreux auteurs se sont syndiqués, politisés, et ont décidé de faire bouger les lignes. C’est difficile : face à eux, il y a une véritable industrie qui n’a pas du tout l’intention d’évoluer. J’ai eu deux expériences avec des maisons d’édition, la première très mauvaise et la seconde très bonne, mais je préfère maintenant tout gérer moi-même en m’auto-éditant . Je n’ai plus envie de me frotter à cette machine administrative et sociale que personne ne comprend.

Tu as créé une newsletter il y a peu où tu partages ton quotidien, pourquoi ce choix ? C’est important pour toi de maintenir un lien avec ton lectorat ?

En effet, il s’agit d’une newsletter hebdomadaire qui existe depuis 31 semaines au moment où j’écris ces lignes, dans laquelle je parle de mes livres, de mes réflexions sur l’écriture ou la publication, et sur plein d’autres choses encore. Ce sont les réseaux sociaux qui m’ont convaincue de me lancer : j’en avais marre de subir leurs algorithmes pétés qui baissent artificiellement la visibilité de nos publications. À l’opposé, une newsletter arrive toujours à bon port, dans la boîte mail des abonnés, et parce que ces derniers l’ont demandé. En plus, on peut y répondre, n’est-ce pas merveilleux ? Depuis le début de la newsletter, je discute régulièrement par email avec plusieurs personnes, certaines que je connaissais déjà et d’autres non, et c’est toujours un bonheur de les lire !

Tu as d’ailleurs partagé une nouvelle « Escape room » pour Halloween à tes abonnés. On y retrouve le personnage d’Oxyde. J’ai l’impression que c’est un peu ton personnage chouchou, non ?

Oxyde est vraiment mon personnage chouchou. Il ne s’agit pas du plus ancien, mais de celui auquel je me suis attachée le plus vite, sans que je sache pourquoi. À la base, ce n’était qu’un figurant dans une nouvelle ! Il fait partie des trois personnages les plus importants de mes romans mais il est à part, vraiment. D’ailleurs je n’avais pas prévu d’écrire « Escape Room » à la base, ce devait être un autre texte mais je n’y arrivais pas du tout. Oxyde est venu à ma rescousse !

J’ai suivi tes mésaventures avec la réécriture de « L’épine noire », où en est tu ?

« L’Épine Noire » est une réécriture d’un roman rédigé en 2015 et jamais partagé, qui était lui-même la réécriture de mon premier livre, un recueil de nouvelles intitulé « Le Rêve du Prunellier », sorti en 2013. Le projet a considérablement évolué et je me suis retrouvée avec un beau premier jet d’un million et demi de signes. Un monstre. Pour comparer, je crois (mais je ne suis pas certaine) qu’il est plus gros que « le Prieuré de l’Oranger » de Samantha Shannon. « L’Épine Noire » est la clef de voûte de mon Grand Projet, son « pourquoi », et c’est pour ça qu’il me donne du fil à retordre. Je compte le démantibuler prochainement car une partie de ce qui a été écrit sera finalement réinjecté dans un autre projet.

As-tu retrouvé un peu de temps pour reprendre la lecture ? Il y a un an , tu me disais que malheureusement entre l’écriture et ta boutique cela n’était pas possible. 

J’ai lu beaucoup plus cette année que l’année dernière, en effet. J’ai fait de très belles découvertes, comme « Les Oiseaux du temps » d’El-Mohtar et Gladstone, qui m’a retournée, ou bien « L’Hôtel de verre » de St. John Mandel, ou « Théâtre des dieux » de Suddain, ou encore « Cantique pour les étoiles » de Jimenez. Plus de SF que d’habitude, ça change

Quels sont tes projets à venir ?

Mes projets se partagent entre la réédition d’anciens titres en édition numérique, comme pour « Érèbe » (mais je n’ai pas encore décidé lesquels) et l’écriture de prochain romans, sans doute « L’Épine Noire » et l’autre mentionné plus haut, celui qui reprendra des morceaux de « L’Épine Noire » et dont je tairais le titre parce que je tiens à garder la surprise. Et j’aimerais revoir ma façon de travailler, de façon à améliorer ma gestion du temps pour le moment très chaotique. Un très gros chantier !

Merci à toi d’avoir encore une fois consacré de ton temps pour répondre à mes questions. Je te laisse le mot de la fin.

Merci de nouveau à toi pour cet entretien !

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